Magnetic Orchestra + Anne Sila

La présence électrique d’Anne Sila décuple l’énergie du groupe. Sa voix délicieusement ingénue et sensuelle habille leurs mélodies de mots et de scats.

Benoit Thévenot
piano

François-Régis Gallix
contrebasse

Nicolas Serret
batterie

Anne Sila
chant / violoncelle

Beats and Pieces

Frank Bergerot // Jazz Magazine – sept 2014 – n°655

Nous avions salué en une chronique le magnétisme de cet orchestre bien nommé.

Saluons-le en plus long, au risque de nous répéter car ce trio ne se réinvente pas tant que ça d’un disque à l’autre mais, tout en pratiquant un idiome post-bop bien balisé, il a une personnalité suffisante pour se réinventer d’une mesure à l’autre. Sur les maelströms sonores qu’ils aiment, les trois musiciens n’évitent les automatismes, mais les transcendent par leur jeu collectif, où leurs discours torrentiels se chahutent de manière jouissive. Comme sur leur précédent album « So », la chanteuse Anne Sila apporte des respirations inattendues. D’un exposé un peu tendu sur In Walked Bud, on retient une vivacité que confirme la suite scattée d’une articulation très déliée. Pour scatter en moins bien et souvent en plus bavard ce que les instrumentistes font déjà très bien. pas plus que beaucoup d’autres, Anne n’évite la question, mais elle y réplique en ajoutant sa légitimité de chanteuse sur une souplesse vocale et une espièglerie de ton dans Embraceable You qui trahissent en elle tout à la fois des qualités de jazzwoman et de « diseuse ». Ces qualités mêmes qui se combinent admirablement lorsque, s’accompagnant de son violoncelle dans une mise en musique de Victor Hugo (demain dès l’aube), elle touche au sublime, enchaînant sur un scatt dont l’adresse même fait anachronisme après le texte du grand écrivain. Bref, accompagné d’un DVD live, ce CD aussi réjouissant qu’imparfait ne nous a pas laissé indifférent.

So !

Frank Bergerot // Jazz Magazine – sept 2013 – n°653

Paru fort discrètement, un disque…magnétique.

De Caravan à Giant steps ou Manhattan de Michel Petrucciani, Benoît Thevenot (p) mêle l’efficacité orchestrale d’Ahmad Jamal à une liberté de pensée que partage François Gallix (ex-Collectif Mu) quelque part entre les fièvres de Charles Mingus et la vivacité de Scott La Faro. Nicolas Serret (dm) participe de ce magnétisme tantôt tendre – lorsque le trio est rejoint par Anne Sila (voc)- tantôt orageux.